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Le collargol ou argent colloïdal pour la dentition (1914)

Toujours dans la même série, je rapporte cette fois ci à l ‘aide du Manuel de Thérapeutique dentaire spéciale à l’usage des praticiens rédigé par CH.-L. Quincerot, chirurgien dentiste de la faculté de médecine de Paris. Cet extrait est tiré de ce manuel et se trouve à la page 117. A cette époque, le produit phare était le collargol obtenu chimiquement et décrit ci-dessous succinctement.

Collargol

Désinfectant. — Prébactéricide

Le collargol ou argent colloïdal fut étudié il y a quelques années par Netter.

Le collargol ou argent colloïdal s’obtient par la réduction d’une solution de nitrate d’argent au moyen du citrate de fer. sous forme de petits grains noirs à reflets métalliques; inodore, à saveur astringente, ni irritant, ni caustique. Découverte en 1889 par l’Américain Caréa Léa, employé par Credé de Dresde en 1897. Etudié en France par Netter (1902) et mis récemment à contribution pour le traitement des dents par Vichot d’Angers.

D’après Vichot, son action serait plutôt d’augmenter les propriétés défensives de l’organisme contre l’envahissement des microorganismes que comme un désinfectant. Son but serait d’empêcher le retour de l’infection.

Son emploi serait donc tout indiqué au déclin d’un traitement antiseptique des canaux dentaires, afin d’éviter le retour d’accidents infectieux.

S’emploie à l’aide de mèches d’ouate imprégnées de collargol en solution.

M. Vichot conseille de ne l’employer que pour le traitement des molaires, dans la crainte de coloration grisâtre qu’il serait susceptible de communiquer ultérieurement aux tissus dentaires.

Somme toute, ses propriétés antiseptiques ont quelque connexité avec le nitrate d’argent dont il est du reste un dérivé.

Titre : Manuel de thérapeutique dentaire spéciale et de matière médicale appliquée à l’art dentaire, suivi d’un formulaire à l’usage des praticiens, par Ch.-L. Quincerot,…
Auteur : Quincerot, Ch.-L.
Éditeur : Vigot frères (Paris)
Date d’édition : 1914
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : In-16, XVI-336 p., fig.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5628044n
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-TE85-275 (A)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31164859r
Provenance : bnf.fr

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Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Des colloïdes comme germicides et désinfectants

Je viens de traduire de l’anglais le début du chapitre VIII du livre Use of colloids in health and disease (p. 67-70)

Depuis longtemps, le souhait des médecins et des experts sanitaires a été de trouver une série de substances qui seraient germicides et inoffensives pour l’homme, voire des animaux et des oiseaux.

Plusieurs tentatives ont été faites pour obtenir des composés analogues à l’acide phénique ou le phénol,  un antiseptique puissant et possédant une faible toxicité, mais malheureusement, les résultats obtenus ont atteint un maigre succès. D’autant plus que le corps humain est composé d’un nombre indéterminé de cellules et que toute substance qui tue les bactéries ou d’autres organismes causant les maladies, est presque certain d’avoir une  action similaire sur ces cellules.

Par conséquent, l’action que doit mener l’antiseptique sur les bactéries sans affecter les cellules tout en ne présentant pas de toxicité, reste à démonter.

En outre, certains des germes les plus virulents sont capables de prospérer dans les solutions d’acide phénique (phénol) et d’autres désinfectants bien connus qui s’avèrent être toxique pour les êtres humains, de plus l’évolution des germes d’un genre vers d’autres rend presque chimérique la recherche d’un « germo-poison » générique qui est non toxique pour les êtres humains et efficace

Heureusement, la reconnaissance des bactéries et leurs produits comme étant essentiellement un caractère colloïdal a grandement facilité l’étude de la désinfection. Tout le monde sait aujourd’hui que malgré le fait que les bactéries soient vivantes et en raison de leur caractère colloïdal, elles produisent des toxines d’autres substances qui peuvent être détruites par des substances qui portent une charge électrique opposée à celle des bactéries.

L’effet d’un désinfectant ordinaire sur les bactéries est le résultat de son adsorption par cette dernière, formant ainsi un composé chimique, comme cela semble être le cas avec du formol, ou une répartition des différentes phases, conformément à la loi bien connue de l’adsorption des colloïdes.

Dans ce dernier cas, des colloïdes de charge électrique opposée vont se précipiter, jusqu’à ce qu’il y ait équilibre, si par contre, aucun des deux formes de colloïdes est en excès, aucune précipitation n’aura lieu.

Le grand avantage de traiter des germes avec des colloïdes réside dans le fait qu’ils ne soient pas nocifs en terme de toxicité lors de la destruction des bactéries dans les corps. Dans d’autres cas, lorsque l’utilisation de phénol et d’autres substances toxiques n’est pas nécessaire, leur faible coût peut être pris en considération. Certains des résultats les plus fructueux dans ce domaine de la  recherche sont ceux les découvertes de Henry Crookes en 1910 qui mettent en évidence l’efficacité germicide de certains métaux dans leur état colloïdal tout en étant tout à fait inoffensif pour l’homme.

Il a été démontré que certains métaux finement divisés ont une action toxique faible sur les formes inférieures de la vie végétale, et que le pouvoir germicide de certains sels métalliques dépend dans une très large mesure du degré d’ionisation et des propriétés spécifiques de chaque type d’ions, ceux  des métaux ayant le plus grand pouvoir germicide. En d’autres termes, plus dur est la libération d’ions du métal dans une solution, plus grand est le pouvoir germicide de la solution!

En recombinant les ions du métal pour former des colloïdes, ces derniers peuvent être appliqués à de fortes concentration pour un meilleur résultat. L’importance de cette double forme (ions ou colloïdes) a été largement occultée, en partie par les propriétés germicides de certaines substances en dehors de leur degré de dissociation ionique, en partie par la manière dont certaines substances sont adsorbés par les produits qui accompagnent les bactéries et sont ainsi rendus inertes avant que ces dernières soient détruites, et en partie à cause de l’ignorance des moyens de préparation des métaux à l’état colloïdal sous une forme suffisamment stable pour leur administration en tant que médicaments.

Tout aussi regrettable est le décès de M. Crookes, qui n’a pas été en mesure de poursuivre les résultats de sa découverte, quoique les difficultés ont maintenant été surmontées et sont d’un intérêt historique. Il est maintenant définitivement connu que les propriétés germicides de certains métaux à l’état colloïdal sont basées en partie sur l’action chimique des métaux eux-mêmes, différents métaux ayant une plus grande action spécifique sur certaines bactéries que sur d’autres, mais parce que ces métaux sont dans un état colloïdal en solution.

Parmi les métaux à l’état colloïdal dont l’or et l’argent qui sont les plus connus sont constitués de particules minuscules, tels que ces dernières aient suffisamment d’espace afin d’être en mouvement, sans pourtant se toucher. En outre, en vertu d’une propriété bien connue en physique des particules ayant une charge électrique, les particules ont tendance à repousser les unes les autres et ainsi accroître la stabilité du liquide. Lorsque ces particules métalliques sont en suspension ou dans cet état intermédiaire que l’on nomme colloïdal, sont ajoutées dans un liquide, si des particules portant la charge électrique opposée sont présentes, une précipitation se produit rapidement.


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.