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La baguette en argent (The Body Electric) N° 7

Dans cet article, je parle de la guérison de la jambe droite de John.

Je surveillai John avec anxiété au cours des deux premiers jours. Si un problème devait se produire comme je supposais, cela aurait du se produire les premiers jours. Le troisième jour, il mangeait bien, et le courant  électrique commençait à tomber, indiquant une plus grande résistance à la surface de la plaie. Je conclus qu’il était temps de changer le pansement. Nous avons été ravis de voir que l’argent ne s’était pas corrodé et la plaie était magnifique. Soigneusement j’ai pris un échantillon de la culture bactérienne et appliqué un nouveau pansement d’argent en nylon.

Le lendemain matin, Sharon Chapin, un technicien expérimental de laboratoire qui avait pris une part active dans nos recherches, m’a montré les cultures bactériennes. le nombre de bactéries avait chuté de façon spectaculaire. Je suis allé faire part de la bonne nouvelle à John et changer en même temps son pansement, j’ai réalisé que je pouvais lui apprendre à faire ses propres pansements quotidiens à cause de mon emploi de temps surchargé et du fait qu’il avait plein de temps disponible, d’autant plus qu’il devait être le plus intéressé à faire le meilleur des pansements pour sa jambe.

C’était génial de pouvoir apprendre à un trappeur de rats musqués, qui avait abandonné l’école à seize ans, comment faire des pansements médicaux à l’état expérimental. Il apprenait vite et au bout d’un jour, il apprit à changer lui-même les pansements et également mesurer le courant électrique. À la fin de la semaine, le travail qu’il avait accompli était bien meilleur que celui que j’aurais pu faire, puisque nos cultures bactériennes étaient stériles, les cinq types avaient été tués.

La guérison des tissus mous, appelés « tissu de granulation », se répandaient et couvraient l’os et au bout de deux semaines, toute la base de la plaie était recouverte, cette même base qui avait été plus de huit pouces carrés d’os primaires était couverte de ce tissu rose. La peau commençait à pousser tout autour, du coup nous n’avions pas besoin de procéder à une quelconque greffe, alors qu’au départ nous l’avions envisagé.

J’ai décidé de prendre une radiographie pour voir combien d’os il avait perdu, je pouvais à peine le croire. Il y avait clairement une certaine croissance des os! Nous avions travaillé par un trou dans le plâtre, alors je n’avais aucune idée si la fracture était encore en vrac ou pas. Sans en parler à John pour éviter de lui saper tout espoir dans le cas où j’avais tort, j’ai enlevé le plâtre, tâté la jambe, et constaté que les différents morceaux avaient une certaine adhérence. John regardait, et quand j’ai fini d’examiner sa jambe, il souleva sa jambe en l’air triomphalement. Sa jambe tenait toute droite contre la gravité. Il avait un sourire aussi large qu’une autoroute à huit voies. « Je pensais que vous avez dit l’os n’aurait pas encore poussé, Docteur! »

Je n’avais jamais autant apprécié avoir eu tort, mais j’ai averti John de ne pas trop s’exciter jusqu’à ce que nous soyons sûrs de ces bonnes nouvelles. J’ai replâtré sa jambe et poursuivi le traitement encore un mois, jusqu’à ce que la peau soit entièrement cicatrisée. D’ici là, les rayons X montraient suffisamment de réparation pour justifier qu’on lui mette un plâtre pour marcher. John quitta l’hôpital avec des béquilles et promit de ne pas courir dans les marais jusqu’à ce que je lui ai dit que tout allait bien. Il ne revint pas avant deux mois. De retour à l’hôpital, Le plâtre était en lambeaux, et il marchait sans béquilles en souriant à tout le monde. les derniers rayons X confirmaient que la guérison était presque complète, et John retourna dans ses bois.

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Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

La baguette en argent (The Body Electric) N° 6

Dans cet article, je raconte donc l’histoire de John et comment le Dr. Becker a réussi à sauver sa jambe, je vais d’abord présenter le personnage et la situation et dans un prochain article sa guérison. Bien évidemment, tous ces articles sont tirés du chapitre huit du livre « The Body Electric ».

En décembre 1976, un jeune homme a été envoyé à notre clinique pour une amputation. John était un homme des bois et venait du Nord. Au visage tanné et durci, il se faisait une raison et prenait la chose avec philosophie. « Ce qui doit arriver arrivera », dit-il à travers ses lèvres serrées. Trois ans auparavant, il avait eu un accident de motoneige, lui cassant le tibia droit à trois endroits et une fracture du péroné, le plus petit os du bas de la jambe. Il avait été soigné dans un petit hôpital local, où les fractures avaient été infectées. Il avait subi plusieurs opérations afin de retirer les os morts et de traiter l’infection, mais les bactéries continuaient à se propager. Il est venu à nous avec la fracture toujours pas guérie et avec une cavité longue sur le devant de la jambe où l’on pouvait voir complètement les morceaux d’os morts et infectés. Il avait du mal à marcher dans un plâtre allant jusqu’à la hanche. Il était marié et père de cinq jeunes enfants, et sa jambe n’était évidemment pas le seul souci auquel il faisait face, en effet, l’autre était de pouvoir joindre les deux bouts.

« Quel genre de travail faites-vous ? » Je lui ai demandé.

« Je piège les rats musqués, Docteur. »

« C’est tout ? »

« C’est tout ce que je fais Docteur. »

« Comment diable faites-vous avec ce plâtre ? »

« Je mets une botte en caoutchouc jusqu’à la hanche pour protéger le plâtre, Docteur. »

Chasser le rat musqué est un travail difficile, pas un moyen facile pour gagner sa vie, même pour un homme avec deux bonnes jambes. » John, si vous deviez être amputé de votre jambe droite et porter une prothèse, vous ne pourrez plus faire cela. Que ferez-vous alors? »

« Je ne sais pas, sans doute rien. Probablement devenir fou. »

« Vous aimez vraiment votre travail dans les bois n’est ce pas? »

« Je ne ferais rien d’autre, Docteur. »

« Eh bien, allons-y ! Nous allons d’abord procéder aux formalités d’admission à l’hôpital. Quelque chose doit être fait, et j’ai une idée qui pourrait vous permettre de garder votre jambe. » Pour la première fois, John sourit.

Dans la lutte contre l’infection, la première étape consistait à identifier l’ennemi, les microbes. La blessure de John était un véritable zoo. Il y avait au moins cinq types différents de bactéries qui y vivaient. Même pour un seul genre, l’ostéomyélite est notoirement difficile à traiter. Très peu de sang atteint les cellules osseuses pour que les deux, les antibiotiques et les anticorps (agents de défense propre du corps) puissent parvenir là où ils sont nécessaires pour lutter contre les bactéries, et même s’ils parviennent, pas un seul antibiotique pouvait lutter contre tous les germes présents dans la jambe de John. Même un mélange d’antibiotiques créerait probablement un problème plus grave qu’elle n’en résoudrait, puisque toutes les bactéries résistantes à cette combinaison d’antibiotiques pourrait continuer à se répandre comme une traînée de poudre combien même les autres germes seraient détruits.

Les radiographies de la jambe de John étaient tout aussi chaotiques que ses cultures de bactéries, des morceaux d’os morts dans tous les sens sans aucune guérison, mais il fallait d’abord s’occuper de l’infection. Puisque nous devions utiliser un courant positif pendant un certain temps pour détruire les bactéries, j’avais peur de détruire une partie de l’os sain, j’ai donc dit à John que des mois après que nous ayons soigné la plaie et laissé cicatriser la peau, je voudrais le ramener à l’hôpital afin d’utiliser le courant négatif pour stimuler la croissance osseuse avec tout ce qui restait de l’os. Je ne pouvais pas promettre grand-chose puisque je n’avais pas encore essayé le nylon d’argent sur ce type de blessure, je lui expliqua qu’on pourrait rencontrer des problèmes inattendus. Mais John était d’accord avec moi qu’il n’avait rien à perdre, sauf sa jambe, que de toutes les façons son amputation était prévue si rien d’autre était fait.

Quelques jours plus tard, j’ai débridé la plaie et enlevé les tissus morts ainsi que les os morts. Il n’y avait pas grand-chose après mon intervention qui restait. C’était une énorme excavation qui partait presque de son genou à la cheville. Dans la salle d’opération, nous avons trempé un gros morceau de nylon d’argent dans une solution saline et l’avons posé sur la plaie. Il avait été coupé avec une queue pour permettre de brancher le courant électrique et aussi une sorte de tirette que nous pouvions garder au sec, à l’extérieur de la cavité. Nous avons emballé le tissu en place avec de la gaze imbibée de solution saline, enveloppant la jambe et connecté à la batterie.

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Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

La baguette en argent (The Body Electric) N° 3

Cet article est le dernier volet de deux autres déjà écrits qui parachève l’histoire de la jambe droite de Jim soignée par Dr. Becker en 1972. Je vais présenter d’autres histoires tirées toujours du chapitre 8 du livre The Body Electric dans d’autres articles qui suivront.

Dans des essais préliminaires nous avons constaté que les électrodes d’argent, lorsqu’elles sont branchées  avec un courant positif (voir en bas de l’article la note personnelle) tuent tous les types de bactéries dans une zone d ‘environ un demi-pouce de diamètre, apparemment en raison des ions d’argent chargés positivement appliqués sur l’endroit grâce à une différence de potentiel.

Ce fut une découverte passionnante, parce qu’il n’y avait aucun antibiotique capable de tuer tout type de bactéries. Je me suis dit que si j’insérais le fil d’argent au niveau de la fractrure de Jim dans la région infectée, je pourrais en dernier recours faire passer un courant électrique dans l’électrode positive et peut-être sauver la jambe un peu plus longtemps. Bien sûr, le courant positif aurait pu retarder la guérison ou encore accélérer la destruction de la partie l’os sain encore davantage.

J’expliquai tout cela à Jim et lui dit que, s’il le voulait, je le ferais. Je voulais qu’il sache que la procédure à tester pouvait être potentiellement dangereuse. Avec des larmes dans ses yeux, il demanda, «S’il vous plaît essayez, Dr Becker. Je veux garder ma jambe».

Deux jours plus tard, Sal et moi-même avons opéré à travers un trou dans le plâtre. La fracture présentait aucune adhérence, on pouvait constater aucun signe d’amélioration. Nous avons retiré un petit morceau de l’os et planté l’électrode. Il y avait un fil dénudé dans la partie entre les extrémités osseuses; le reste du fil, en passant à travers les muscles et de la peau, était isolé de manière à fournir le courant négatif de très faible intensité qu’à l’os.

L’infection ne se propagea pas, et l’état d’esprit de Jim s’améliora. Comme je faisais ma tournée quotidienne trois semaines plus tard, m’a-t-il dit, «Je suis sûr que c’est en train de guérir. Je le sens!» J’étais encore un peu nerveux lorsque, six semaines après l’opération, nous retirâmes les électrodes et  puis le plâtre pour faire une radiographie. Je n’aurais pas du m’inquiéter. Non seulement les rayons X montrèrent beaucoup d’os nouveaux, mais quand j’examinai la jambe avec mes mains, elle semblait solide et la fracture renforcée par l’adhésion des deux morceaux! Nous avons mis un plâtre plus léger pour que Jim puisse marcher, et il quitta l’hôpital pour la première fois en seize mois. Six semaines, après la fracture avait guéri de manière à ce qu’on retire le plâtre complètement, et Jim commença la rééducation de son genou, qui avait raidi à force de rester immobile.

Tous les trous où des broches avaient été posées, en particulier un près de la fracture, présentait encore du pus, et Jim demanda, «Pourquoi ne pas utiliser le fil d’argent sur ce trou pour tuer l’infection? De cette manière, les bactéries n’infecteront pas le reste de l’os et je serai entièrement guéri »je ne pouvais qu’acquiescer. Si le trou que j’avais fait à travers le muscle pour y introduire l’électrode guérissait en se fermant à l’extérieur, l’infection serait plus susceptible de se propager au sein de l’os. Toutefois, je lui ai dit que le courant positif pourrait empêcher le trou de se former avec l’os, rendant un point de rupture possible dans l’os.

Nous avons mis donc l’électrode et avons utilisé le même courant que précédemment, sauf que nous avons inversé sa polarité. Je n’avais aucune idée combien de temps la laisser fonctionner, alors j’ai laissé arbitrairement une semaine. Rien ne semblait avoir changé. Peut-être un peu moins de pus, mais pas beaucoup moins, mais j’ai eu peur d’utiliser le courant positif davantage de peur d’affaiblir l’os.

Jim quitta l’hôpital et ne tint pas ses rendez-vous programmés dans la clinique. Un an plus tard il retourna sans préavis en disant qu’il était juste de passage à Syracuse et pensait que je voudrais savoir dans quel état était sa jambe. Il marchait normalement, sans douleur, en mettant son poids sur la jambe droite. Il m’a dit que le pus avait disparu une semaine après avoir quitté l’hôpital et n’avait jamais réapparu. Nous avons refait une radiographie et les rayons X montraient que  la fracture était solidement guérie et le fameux trou que j’avais fait pour introduit mon électrode était rempli d’un nouvel os. Par contre, l’emplacement des broches sur l’autre jambe (gauche) était toujours infecté, et j’ai dit que nous pourrions traiter ces infections dans quelques jours, puisque nous avions amélioré notre technique depuis. «Non, je ne suis que de passage,» répondit Jim. «Je n’ai pas un emploi. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je sais que je ne veux pas passer plus de temps dans les hôpitaux ».

Voilà donc l’histoire de Jim, je vais reporter d’autres histoires dans les jours à venir tirés du chapitre 8.

Note personnelle : les conclusions des travaux du Dr. Becker sur la régénération des membres étaient en partie de constater que, deux électrodes dont une plantée dans la partie saine de l’os et l’autre dans la partie endommagée délivrant un courant négatif permettait la régénération de l’os endommagé. En cas d’infection, le fait d’inverser le courant et grâce aux électrodes en argent, l’infection était endiguée, ce que Dr. Becker craignait, c’était du coup de stopper la régénération. Or visiblement,  dans le cas de Jim avant qu’il ne quitte l’hôpital le courant positif a permis d’enrayer  l’infection sans que celui ci ait un impact sur la régénération. Un courant négatif de très faible intensité avec une électrode en argent plantée dans la partie endommagée permit aux cellules spécialisées de se dédifférencier pour devenir des cellules souches pour ensuite se différencier en cellules spécialisées de tout type pour reconstituer tout l’ensemble du tissu osseux. C’est cela, la magie qui s’opérait sans qu’il y ait besoin d’amputer même si l’os s’est gangréné. Grâce à l’argent et l’électricité, il était tout à fait possible de sauver la jambe. Ce que fit le Dr. Becker pour Jim.

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Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.</p

La baguette en argent (The Body Electric) N° 2

Cet article est le second volet d’une série à venir sur le chapitre 8 du livre The Body Electric, ce chapitre s’intitule La baguette en argent, dans le premier volet j’ai introduit de façon très succinct Dr. Becker et dans celui ci, j’aborde l’histoire de Jim un de ses patients qui débarque dans son hôpital à Syracus.

Ce n’est qu’en 1972 que je me sentais prêt à essayer la stimulation électrique de la croissance osseuse chez l’homme. Zachary B. (Burt) Friedenberg, Carl Brigthon, et leur groupe de recherche à l’Université de Pennsylvanie avaient déjà signalé le premier succès de guérison d’un cas de pseudarthrose avec la méthode électrique deux ans avant.

Afin d’éviter d’éventuels effets secondaires et d’après nos travaux de recherche sur la régénération  d’une patte chez le rat, nous sentions que nous devions reproduire un signal (électrique) plus proche  de celui que l’on trouve dans la nature que ce qu’ils avaient produit.

Comme Friedenberg nous avons décidé de placer une électrode négative entre les morceaux d’os, mais en utilisant un courant beaucoup plus petit et une électrode d’argent plutôt que l’acier inoxydable. Nous avons pensé que l’argent serait moins susceptible à des réactions chimiques avec les tissus et mieux à même de transmettre le courant électrique. A cette époque, nous soignions un patient dont l’état semblait suffisamment préoccupant pour essayer la nouvelle procédure.

Jim était en mauvais état. Enrôlé lors de la guerre du Vietnam, il avait été réticent et un soldat rebelle. Il a survécu à la guerre et avait été transféré dans une base de l’armée au Kansas à la fin de 1970. Le soir du réveillon du nouvel an, il brisa les deux jambes dans un accident d’automobile. L’hôpital local lui mit des épingles ou broches percées à travers la peau et les os pour maintenir les pièces ensemble. Quand il fut transféré à l’hôpital de la base quelques jours plus tard, toutes les broches furent retirées en raison d’une infection.

Le médecin de Jim ne pouvait pas opérer à cause des bactéries, ils ont dû se contenter de le plâtrer. Parce qu’il avait cassé une jambe au-dessus du genou et une autre en-dessous du genou, il lui fallait un plâtre énorme appelé DHS. Il était resté entièrement recouvert de plâtre, de ses pieds jusqu’au milieu de sa poitrine, pendant six mois. En août, sa jambe gauche avait guéri, mais aucun progrès pouvait être constaté concernant le fémur droit. Les trous de quelques centimètres, que la pause des broches avaient engendré, étaient tout purulents, ce qui empêchait une intervention chirurgicale. Au mois de septembre de cette année, il a reçu une décharge médicale et transféré à l’hôpital de Syracuse VA.

Lorsque je l’ai vu pour la première fois, il était encore dans un plâtre énorme et imposant, bien que maintenant sa jambe gauche était guérie et donc libre, les deux morceaux du fémur droit étaient sans aucune adhérence. Il n’y avait rien dans la pratique courante à faire si ce n’est de laisser le plâtre et d’espérer. Six mois plus tard, l’espoir de Jim avait été entamé et quasiment disparu. Pour une année entière il était resté couché dans un lit sans quitter l’hôpital, même pour une brève visite. il exhala sa colère contre le personnel, puis le découragement l’envahit incapable de faire face à un avenir sans sa jambe droite.

Puis Sal Barranco, un jeune chirurgien orthopédiste dans sa dernière année d’internat fut affecté à mon service de l’école de médecine. Il avait déjà travaillé deux ans avant brièvement avec moi, un bon médecin, intelligent, travailleur et très intéressé par les patients. Il prit soin de Jim et passa de nombreuses heures à parler avec lui, il le conseillait. Rien ne semblait l’aider. Jim se refermait  de plus en plus sur lui et s’éloignait de nous.

Sal fut toujours intéressé par ce qui se passait dans le laboratoire. En fait, j’ai souvent essayé de l’intéresser  dans  une carrière d’enseignant et de chercheur, mais il a préféré la chirurgie et trouver sa récompense dans le fait d’aider les gens directement. En Février 1972, comme nous approchions de la phase clinique avec notre stimulateur pour les os, Sal me dit: «Vous savez, Dr Becker, vous devriez vraiment envisager de stimuler électriquement les fractures de Jim. Je ne vois pas d’autre solution. C’est sa dernière chance.

Le problème que j’avais à ce moment ci, c’était qu’aucun des patients que Friedenberg avait traité n’avait d’infection dans les os. Bien que les broches septiques de Jim n’étaient pas tout à fait à l’endroit de la fracture elles étaient placées suffisamment près pour plus de confort. Si en opérant pour introduire mes électrodes dans la fracture j’agitais les bactéries alors, la partie serait perdue. En outre, il est évident maintenant que l’électricité était le stimulus le plus important de croissance de cellules (voir note personnelle en bas de page). Même si elle pouvait guérir, nul ne pouvait être sûr de ce que ces cellules feraient à l’avenir. Elles pourraient devenir hypersensibles à d’autres stimuli et commencer à se développer de manière incontrôlée plus tard. C’était la première fois dans l’histoire de la médecine que nous pourrions commencer au moins un type de croissance volontaire. J’avais peur de commencer un programme clinique qui pourrait saisir le public d’extase et appliquer sur une grande échelle avant que nous en sachions assez sur la technique. Si des effets secondaires désastreux se manifestaient plus tard, nous pourrions perdre l’élan vers une avancée révolutionnaire en médecine. J’ai décidé que si j’expliquais bien ce que nous allions faire, avec toutes les incertitudes, et de laisser le patient choisir, cela serait sur le plan éthique bien.

Quant à l’infection, pendant plusieurs années nous avions été à la recherche d’un moyen d’arrêter la croissance. Mes expériences avec Bassett sur les chiens en 1964 avaient suggéré que, tout comme nous avons pu obtenir une croissance grâce à  une électricité négative, ainsi on pourrait la désactiver avec un courant positif. Si ceci s’avérait vrai, cela pouvait évidemment être d’une grande importance dans le traitement contre le cancer. Puisque notre programme de recherche était destiné à une utilisation immédiate de nos résultats, nous ne pouvions pas s’évertuer à en faire au delà de ce pour quoi nous avions obtenu comme subventions, les équipements électroniques pour permettre de faire des tests sur les cellules cancéreuses coûtaient chers, nous nous sommes donc contentés à explorer le domaine des bactéries.

Dans le prochain volet, je vais aborder la suite de l’histoire de la jambe droite de Jim …

Note personnelle : Le Dr. Becker vient de démontrer pendant les 7 premiers chapitres, entre autres que certaines cellules osseuses (chez le rat, le lapin) soumises à un courant électrique constant et négatif d’une intensité très faible peuvent redevenir des cellules souches pour se  différencier en plusieurs types de cellules nécessaire pour fabriquer un os pourri par exemple, dans le cas de Jim, non seulement  il y avait une infection due aux bactéries, mais l’os pourrissait, ce qui rendait la tâche compliquée, or à l’époque, il n’était pas envisageable que des cellules spécifiques osseuses sous l’impulsion électrique deviennent des cellules souches pour ensuite se différencier et ainsi refabriquer du tissus osseux telle une usine de fabrication de tissus osseux pour d’une part éviter que l’os pourrisse davantage, mais également calfeutrer afin d’obtenir un os d’un seul tenant. Ce qui était révolutionnaire n’était pas tant que l’argent était bactéricide mais qu’il existe un état électrique spécifique et des cellules spécifiques qui ont la capacité sous l’impulsion électrique de devenir des cellules souches pour redevenir toute sorte de cellule de types variés afin de donner naissance à une régénération.

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La baguette en argent (The Body Electric) N° 1

The Silver Wand ou en français la baguette en argent est le titre du chapitre 8 du livre du docteur Becker « The Body Electric ». Comme évoqué lors d’un de mes articles récemment écrit, si vous avez la possibilité de lire l’anglais, c’est un livre passionnant. Au passage, je remercie encore celles et ceux qui m’ont fait des dons afin de me le procurer. Ce livre raconte comment le docteur Becker fraîchement sorti d’internat en tant que chirurgien orthopédiste rencontre un monde médical bien arrogant et bien établi dans leur certitude pour la plupart. Cela ne m’étonne pas, le milieu de la recherche est un milieu très lucratif. Pour avoir débuté une année de thèse fondamentale à l’ENS Cachan, j’ai bien vu qu’il y a financement là où il y a un intérêt financier, sinon, tu peux mourir, on comprend pourquoi il y a eu remaniement de la recherche fondamentale en France l’année dernière car il faut que cela rapporte et tout de suite. Je ne dis pas non plus qu’il ne peut pas y avoir d’abus chez ceux qui sont payés pour rêvasser.

Bref pour revenir à nos petits, le docteur Becker raconte comment il a été chanceux de faire de la recherche dans les domaines de son intérêt et comment il a réussi à obtenir des financements de manière détournée voire directement au culot afin de poursuivre ses recherches et obtenir des résultats sensationnels. Il raconte lui même que l’intérêt de la recherche fondamentale était de découvrir des domaines laissés pour compte par beaucoup de chercheurs « orthodoxes » parce que comme aux temps de Galilée, il était établi que la terre était au centre de l’univers et une conception copernicienne était une hérésie. Bref comme dit Frédéric Bastiat, Maudit Argent!.

Bon, quels étaient ses domaines d’intérêts au docteur Becker dans les années 50-70? Eh bien, en tant que chirurgien orthopédiste, il avoue qu’il ne savait pas précisément pour quelles raisons un os fracturé gardé immobile se ressoude. Partant de là, il se documente sur toute sorte de documents écrits ou expériences rapportées par les anciens sur la régénération de membres chez tout type d’être vivants. De fil en aiguille, il découvre comme ils appellent en anglais, « The injury current », à partir du moment où il y a blessure, coupure, fracture et au sens général dommage, il y a un courant électrique constant (de très faible intensité) de dommage qui est déclenché. Je ne vais pas rentrer dans le détail car je ne vais pas écrire son livre en français ici, mais de fil en aiguille, il découvre que le corps des êtres vivant est électrique et magnétique, théorie complètement réfutée par le corps médical et scientifique à l’époque qui ne croyait que le corps était mécanique et chimique.

Dans le chapitre 8 de son livre, il raconte que par hasard, il découvre les propriétés bactéricides des métaux, dont l’argent. Je ne vais pas non plus traduire tout le chapitre 8, car j’en aurai pour quelques semaines, mais je pense que vous serez tous curieux de savoir au moins les quelques traits essentiels tirés par ses expériences sur ses patients atteints de fractures des os dont la médecine conventionnelle à coup de vis et de broches était incapable de guérir, voire sur le point d’amputer car complètement impuissant.

Je vais écrire une série d’article dont celui ci présente l’introduction. Dans le prochain article, je vais parler du cas de Jim un patient et cas désespéré pour la médecine conventionnelle.

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