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Préparation du Collargol ou de l’Electrargol (1923)

En épluchant les archives, je suis tombé sur cet extrait tiré de « Contributions au traitement des septicémies à l’aide d’agents chimiques* » à la page 11, qui nous renseigne un peu plus sur comment étaient préparés les deux solutions d’argent colloïdal à l’époque.

Je cite :

Comme exemple nous pouvons citer, soit la préparation de l’or colloïdal chimique en traitant le chlorure de l’or par le sulfate de fer, soit la préparation la plus récente de l’argent colloïdal chimique en traitant le nitrate d’argent par le citrate ferreux, comme l’a fait Cary Lea pour obtenir le collargol.

La méthode de division utilise généralement les décharges électriques.

Bredig a employé l’arc électrique qui, jaillissant entre deux électrodes d’un même métal, plongées dans l’eau distillée pure, produit une très fine pulvérisation de métal et les particules restent en suspension.

Tout dernièrement, Svedberg a utilisé les décharges oscillatoires de condensateurs de grande capacité qui, déterminant entre les électrodes immergés dans différents liquides (eau, alcool, huile) des étincelles, des décharges et des éclatements, pulvérisent le métal et l’amènent à l’état colloïdal.

La méthode chimique et la méthode électrique ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. C’est ainsi que les colloïdes chimiques peuvent, en général, être chauffés à 100° et stérilisés sans perdre leurs propriétés, mais ils présentent des grains plus gros et inégaux, ce qui rend irrégulier leur pouvoir catalytique et tend à modifier l’allure des réactions qu’ils provoquent dans l’organisme. En outre, ils ne peuvent jamais être complètement débarrassés des composants ayant réagi pour les produire et qui adhèrent à eux par adsorption. De telles impuretés sont évidemment  capables d’entraîner parfois de sérieux dangers.

Plus fragiles cependant sont les colloïdes électriques; ils ne peuvent être chauffés à plus de 70° sans perdre leurs propriétés; ils sont peu stables, ce qui exige l’emploi de préparations fraîches. En revanche, ils sont doués d’un pouvoir catalytique énergique, dû à l’extrême petitesse des grains.

Pour parer à ces inconvénients, on a proposé de les stabiliser et de les isotoniser. Pour la stabilisation, on ajoute à la solution de Bredig pure, une petite quantité d’un colloïde naturel stable, comme la gomme ou l’albumine, ce qui assure une longue conversation et la résistance suffisante aux électrolytes de l’excipient.

Pour obtenir l’isotonie, on additionne les colloïdes stabilisés d’un peu de chlorure de sodium, mais seulement au moment de l’usage, car ce sel, malgré la stabilisation, précipiterait à la longue le colloïde.

Malgré tout, nous somme partisans, ni de la stabilisation, ni de l’isotonisation. Nous pensons, en effet, que la première opération agglutine les particules métalliques en grains plus volumineux que ceux des solutions de Bredig pures et bien préparées, et que la deuxième transforme les colloïdes en substances presque inactives.

Nous n’insisterons pas ici sur l’adsorption et l’élimination des colloïdes dont le mécanisme est encore trop obscure pour que nous puissions nous faire une opinion précise.

Fin de citation.

Avec ce texte, nous avons la confirmation qu’à l’époque, la fabrication des deux produits phares d’argent colloïdal n’était pas purs et que les savants et médecins avaient le pressentiment que l’ajout de stabilisateurs était déconseillé. D’ailleurs les cas de décès dus à l’argent colloïdal que j’ai rapportés dans un article provient de cet article et l’auteur en parle après avoir exposé la manière dont l’argent colloïdal était fabriqué, ce dernier toutefois ne dit pas que les cause des décès étaient dues à ces additifs stabilisateurs.

*Titre : Contributions au traitement des septicémies à l’aide d’agents chimiques
Auteur : Kahn, Pierre (Dr)
Éditeur : Le François (Paris)
Date d’édition : 1923
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : In-8° , 31 p.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5624541w
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-TE81-56
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb306716791
Provenance : bnf.fr

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Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Partisans de l’Electrargol et ceux de Collargol (1914)

Dans cet article, je rapporte un extrait d’un texte tiré du Traité d’obstétrique, écrit par MM. A. Ribemont-Dessaignes,… et G. Lepage à la page 1400*. Ce texte montre que parmi les médecins et scientifiques, il y a ceux qui étaient plutôt Collargol (argent colloïdal fabriqué par réduction chimique), dont Netter (un des apôtres de l’argent colloïdal en France) et ceux qui se penchaient plus sur l’Electrargol (argent colloïdal fabriqué par voie électrique). Alors qui a raison et qui a tort? Un peu comme aujourd’hui, il y a ceux qui affirment que l’argent colloïdal (des particules d’argent) est supérieur à l’argent ionique (Ag+) et vice versa.

Que voulez vous que je vous dise? Nous ne sommes pas tous et toutes des robots réagissant de la même manière, j’imagine que pour certaines maladies et certains organismes, la solution obtenue par la méthode chimique serait plus efficace qu’une autre obtenue par la méthode électrique et vice versa, par contre ce qui est très intéressant, c’est de découvrir à travers ces textes, l’opposition entre mécanistes et vitalistes, décrite par Dr. Becker dans son livre « The cross currents » dont j’ai rapporté un certain nombre d’articles dans la rubrique de l’électromagnétisme.

De plus, si j’étais un des apôtres de l’argent colloïdal (je pense notamment à Netter) et ai investi du temps et de l’énergie longuement pour faire admettre, voire parfaire ma méthode chimique, j’aurai certainement du mal à admettre que plus tard un autre aurait trouvé une méthode peut-être meilleure. Je ne suis pas en train de juger M. Netter, mais j’émets l’hypothèse qu’en tant qu’humain, reconnaître que notre voie n’est pas forcément la meilleure, n’est pas chose simple, surtout si on y a consacré des efforts malgré l’opposition et on a réussi à imposer ou faire admettre notre point de vue comme valable et bénéfique.

Ce genre de concurrence déloyale ou loyale existe dans le milieu de la recherche pour avoir baigné un peu dedans. C’est très important et lucratif pour un laboratoire de présenter des articles avec les noms des auteurs. D’ailleurs, dans son livre « The Body Electric » Dr. Becker ne cesse d’en parler tout le long de son livre et dont j’ai écrit un petit extrait ici => Que penser de la recherche médicale ou scientifique?

Bon, revenons à l’extrait dont je vous ai parlé en début de cet article.

Je cite

(Page 1399)

L’argent colloïdal a été employé pour combattre les infections puerpérales, comme les autres infections. Pour obtenir une action réellement efficace, il est utile de recourir aux injections intraveineuses. Splindler a cependant obtenu des succès avec des lavements au collargol.

Bonnaire et Jeannin ont employé soit à titre préventif, soit à titre curatif, les injections intraveineuses de collargol.

L’injection intraveineuse de collargol produit une augmentation des polynucléaires. La solution de collargol généralement employée est à 1 gr. pour 100 gr. On injecte 6, 10 centigrammes et même 15 centigrammes, c’est-à-dire 6, 10, 15 grammes de la solution.

L’injection est en général suivie d’une élévation de température et même de quelques frissons. Cette réaction fébrile est d’ailleurs plutôt un bon signe qu’un mauvais.

(Page 1400)

Certains auteurs préfèrent se servir de l’électrargol, c’est-à-dire d’une préparation d’argent colloïdal obtenu par voie électrique. Netter, qui a contribué à la diffusion du traitement par les sels d’argent, ne reconnaît acune supériorité à l’électrargol sur le collargol; il pense même que le pouvoir bactéricide du collargol est supérieur.

Fin de citation

Il semblerait qu’à l’époque, l’injection intraveineuse ou intramusculaire étaient les méthodes d’administration du médicament les plus utilisées.

*Titre : Traité d’obstétrique, par MM. A. Ribemont-Dessaignes,… et G. Lepage,… 8e édition
Auteur : Ribemont-Dessaignes, Alban (1847-1940)
Auteur : Lepage, Gabriel (Dr)
Éditeur : Masson (Paris)
Date d’édition : 1914
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : Gr. in-8° , XII-1575 p., fig.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5809529x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 4-TE121-205 (E)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31207554v
Provenance : bnf.fr

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Pneumonie lobaire aiguë. Guérison avec de l’électrargol, argent colloïdal (Couvrat-Desvergnes, 1908)

Bon, dans cet article, je rapporte un témoignage de guérison à l’aide d’électrargol, d’une femme âgée de 35 ans en juillet 1908.

Juste un mot sur l’électrargol, c’est de l’argent colloïdal préparé par le procédé de l’arc électrique, contrairement au collargol obtenu par voie chimique, ces deux produits étaient considérés comme des médicaments fin 19ème jusqu’à la fin des années 30. Ils étaient inscrits dans le codex de la pharmacopee.

Le témoignage est tiré de la page 8 du bulletin « Les Métaux Colloïdaux électriques et leurs Applications thérapeutiques » édité par les laboratoires CLIN, 20, rue des fossés-saint-jacques PARIS.

Irène D…, âgée de 35 ans, entrée à l’hôpital Saint-Jacques, le 16 juillet 1908, salle de la Maternité, lit n° I.

Dans ses antécédents personnels on note qu’elle a eu un accouchement normal il y a six ans. Etant enceinte de quatre mois, le 12 juillet la malade a une métrorrhagie et expulse un foetus, mais pas le placenta.

Continuant à perdre du sang jusqu’à 15 juillet, elle fait appeler à ce moment un médecin qui l’envoie à l’hôpital Saint-Jacques où elle entre dans la soirée du 16 juillet.

La malade est prise dans la nuit d’un grand frisson avec vomissements.

17 juillet. La température est le matin à 38°, et le pouls à 100. Cette malade se plaint d’un violent point de côté à droite; elle a une toux quinteuse et nous montre son mouchoir rempli de crachats teintés de sang.

A la base du poumon droit nous constatons une submatité et une abolition complète du murmure vsiculaire; le soir, la température est à 38°, le pouls à 112.

18 juillet. Le matin la température est à 38°, le pouls à 112.

A l’auscultation de la base du poumon droit nous constatons une bouffée de râles crépitants à la fin de l’inspiration et un souffle tubaire; nous pratiquons alors dans le flanc une injection sous-cutanée de 20 cc. d’Electrargol.

Le soir, la température est à 40°, le pouls à 120.

19 juillet. La température est tombée à 37°, le pouls à 108. A l’auscultation nous constatons les mêmes signes stéthoscopiques; le pouls est régulier, bien frappé. Le soir, la température est à 37°4, le pouls à 112.

20 juillet. Au niveau du foyer pneumonique, quelques râles fins, pas de souffle; pas de crachats rouillés, une toux légère. Le soir, la température est à 38°2, le pouls à 120.

21 juillet. Le matin la température est montée à 39°, le pouls est à 120. Nous pratiquons alor une seconde injection sous-cutanée de 20 cc. d’Electrargol.

22 juillet. La température est descendue à 36°9, on compte 100 pulsations. Pas de douleurs. La malade éprouve une sorte d’euphorie; à l’auscultation, gros râles sous-crépitants.

25 juillet. Les râles ont disparu, la température est à 34°. Le pouls est normal. La malade est sortie quelques jours après entièrement guérie.

L’Electrargol a été la seule médication employée : les injections ont eu une influence très nette sur la température et sur l’état général. La température est remontée après cessation du traitement.

Titre : Les Métaux colloïdaux électriques et leurs applications thérapeutiques
Éditeur : Laboratoire Clin (Paris)
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : In-8°, 47 p.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5686529q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-TE7-482
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33484654p
Provenance : bnf.fr

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