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EM : La renaissance, le début de la médecine scientifique, vitalistes versus mécanistes et chimistes (septième partie)

L’émergence de la civilisation occidentale à partir de l’âge des ténèbres a été principalement le résultat d’un facteur, défier l’autorité. Dans la médecine et la science, le premier qui a défié l’ordre établi a été un homme qui était un étrange mélange d’humanisme, de mysticisme et d’un début de la logique scientifique, et une personnalité plus que décapante.

Paracelse a été la source d’inspiration de la légende du docteur Faust de Goethe, qui vendit son âme au diable en échange de la connaissance. Paracelse n’avait aucun respect de l’autorité sous toutes ses formes. À l’âge de quatorze ans, il a quitté la maison à errer à travers l’Europe et l’Asie, il étudie dans de nombreuses universités et éventuellement, n’obtint jamais de diplômes du tout (note personnelle, certainement de l’université de Bâle). Son attitude envers l’apprentissage organisé est bien illustrée par sa déclaration que :

«Les universités n’enseignent pas toutes choses, par conséquent un médecin doit rechercher à apprendre auprès de vieilles femmes, des bohémiens, des sorciers, des tribus errantes, des voleurs à la retraite et des hors la loi également. La connaissance vient de l’expérience.« 

ou

« Les Universités, écrit-il, n’enseignent pas toutes choses; il faut au médecin rechercher les bonnes femmes, les bohémiens, les tribus errantes, les brigands et autres gens hors la loi, et se renseigner chez tous. Nous devons, par nous-mêmes, découvrir ce qui sert à la science, voyager, subir maintes aventures, et retenir ce qui en route peut être utile.« 

Paracelse détestait Galien telle une fraude absolue. Il brûla les livres de Galien en face de l’université devant une foule d’étudiants en médecine. Il insista sur le fait que le corps humain peut se guérir tout seul, alors que le mieux que la médecine de Galien pouvait faire était de retarder la guérison ou de produire des complications désastreuses.

Paracelse annonça la découverte des antibiotiques modernes en montrant correctement que le mercure pouvait guérir la syphilis. Il décrit avec précision la cause du goitre thyroïdien et il a fourni la base de l’homéopathie en prétendant que les maladies pouvaient être guéries par des doses infimes de substances chimiques qui ont des similitudes à celles qui produisent les mêmes symptômes.

Dans la première étude de médecine environnementale, Paracelse attribua correctement la silicose chez les mineurs à l’inhalation de matériaux provenant de la mine, plutôt que d’une malédiction d’esprits de la montagne. Ses expériences avec des plantes médicinales et l’alchimie ouvrirent la voie pour la connaissance future de la chimie. Et il fit un large usage de l’aimant dans ses traitements.

Cet homme remarquable, réussit même à balayer les attaques de la médecine et de la science établie en son temps. Son influence a été grande et ses conférences (à laquelle tous les citoyens étaient invités) étaient remplies par des auditeurs plein à craquer. Ses écrits sont remarquablement influents, en particulier son ouvrage majeur, le grand livre de la chirurgie. Pourtant, il est resté pratiquement toute sa vie sans un sou.

 

Texte tiré de « Cross Currents » de Dr. O. Becker


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

EM : Galien, vitalistes versus mécanistes et chimistes (sixième partie)

Pour connaître Galien, il suffit de faire un tour sur wikipedia et découvrir sa vie, ses œuvres, mais j’aime autant donner la parole au Dr. O. Becker qui le décrit un peu différemment, peu importe quelle description colle la plus justement à la personne emblématique de Galien, mais ce qu’il faut retenir, c’est plutôt l’absence de remise en question d’une théorie pendant plus de mille ans et puis le côté erroné de cette théorie.

Comme quoi, il ne suffit pas de dire que ce genre de choses se sont produites qu’aux temps des anciens, puisque aux temps des grecs et des romains, la civilisation avait atteint une certaine apogée culturelle et cette même civilisation s’est ensuite implosée littéralement pour tomber dans un âge d’obscurantisme. L’homme moderne peut et va expérimenter la même descente après une apogée. Quand l’orgueil chemine devant, honte et dommage suivent de près. Je vous laisse donc avec le Dr. O Becker, texte tiré de Cross Currents.

Je cite

Galien a été, à bien des égards, l’antithèse d’Hippocrate, il était absolument sûr de lui et de ses croyances, arrogant, égoïste, et enclin au mensonge, d’autant plus que si cela pouvait servir ses desseins. Il était assez sage pour ne pas attaquer directement le grand Hippocrate, Galien a approuvé le concept des quatre «humeurs» d’Hippocrate, mais a ajouté beaucoup d’autres documents provenant de ses propres observations et expériences.

Plus important encore, il a proposé l’idée attrayante que chaque maladie avait une seule cause et une cure unique, cette philosophie a été adoptée avec enthousiasme par les médecins de l’époque, comme la plupart de ceux d’aujourd’hui, qui veulent imposer une autorité infaillible.

Galien fut un écrivain prolifique, et au cours de sa vie, il a publié une œuvre complète « de système de la médecine » en y faisant référence à l’anatomie, la physiologie et la thérapeutique. Cette œuvre est devenue un texte standard et finalement un dogme accablant qui a dominé la médecine pendant 1500 ans.

Malheureusement, Galien avait tort. Ses idées sur l’anatomie étaient incorrectes, ses enseignements sur la physiologie sont basés sur des expériences falsifiées. A son époque, ses concepts ont été rejetés par les médecins qui étaient partisans d’Erasistrate.

La réponse de Galien peut être qualifiée d’une campagne de mensonges et de dénigrement délibéré. Il répéta «les expériences d’Erasistrate et les jugea « incorrectes ». En fait, Erasistrate avait raison; Au contraire, Erasistrate a été un expérimentateur attentif et un fin observateur.

Cependant, Galien dont l’intégrité scientifique n’a jamais été mise en question, personne n’a pris le soin de répéter ses expériences. Alors que pratiquement tous les écrits d’Erasistrate ont été détruits, les écrits de Galien ont été bien préservés.

Galien a réussi en fournissant un système complet de médecine inspiré par une « pseudoscience » à fournir des réponses précises pour les maladies et les traitements. Bien que largement erroné, ce système médical portait un cachet de l’autorité et a mis un terme à toute activité d’expérimentation ou de questionnement pendant 1500 ans.

Les premières tentatives de l’observation logique par Erasistrate et l’humanisme d’Hippocrate dans son « art » ont été submergés par le faux dogme de Galien. Le premier virage négocié par la médecine et la science a été un désastre. La civilisation occidentale est entrée dans ce que les historiens ont appelé (avec raison) l’âge des ténèbres, dans lequel la médecine et la science ont été totalement autoritaires et ont véhiculé des concepts erronés sur la façon dont l’organisme humain fonctionne.

Fin de citation


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

EM : Érasistrate, vitalistes versus mécanistes et chimistes (cinquième partie)

Parmi les médecins de l’antiquité, certainement Érasistrate était le plus avancé en matière de connaissances médicales de manière scientifique. Il faisait partie de l’école de pensée des vitalistes. Ci-dessous, récit tiré du livre Cross Currents de Dr. O. Becker.

Deux cents ans après la mort d’Hippocrate, dans les aesculapium à Alexandrie, en Egypte, se révéla un médecin remarquable et scientifique, Érasistrate, qui était probablement le premier homme à disséquer scientifiquement le corps humain, rejeta la théorie d’Hippocrate sur les humeurs et expliqua la cause des maladies liées à des anomalies des organes internes qu’il trouva par la dissection.

Érasistrate identifia correctement les nerfs moteurs et sensoriels en montrant leur connexion jusqu’au cerveau, dont il croyait être le siège de l’âme et l’esprit (plutôt que le cœur, comme Hippocrate avait proposé). Il expliqua également la fonction du cœur comme une pompe pour le sang. Alors qu’il décrivit la «mécanique» du corps, il fut un vitaliste qui croyait que la force de vie était une vapeur subtile qu’il appela « pneuma ».

À bien des égards, Érasistrate a été très en avance sur son temps. Si ses idées, qui étaient généralement correctes, avaient acquis l’acceptation générale, les connaissances médicales et biologiques auraient progressé beaucoup plus rapidement que cela a été le cas. Malheureusement, ses observations et ses idées ont persisté pendant quelques centaines d’années seulement, et ont ensuite été totalement délaissées par un diplômé d’une école de médecine de Pergame. Un certain dénommé, Galien bien connu, même maintenant.


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