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Des colloïdes comme germicides et désinfectants

Je viens de traduire de l’anglais le début du chapitre VIII du livre Use of colloids in health and disease (p. 67-70)

Depuis longtemps, le souhait des médecins et des experts sanitaires a été de trouver une série de substances qui seraient germicides et inoffensives pour l’homme, voire des animaux et des oiseaux.

Plusieurs tentatives ont été faites pour obtenir des composés analogues à l’acide phénique ou le phénol,  un antiseptique puissant et possédant une faible toxicité, mais malheureusement, les résultats obtenus ont atteint un maigre succès. D’autant plus que le corps humain est composé d’un nombre indéterminé de cellules et que toute substance qui tue les bactéries ou d’autres organismes causant les maladies, est presque certain d’avoir une  action similaire sur ces cellules.

Par conséquent, l’action que doit mener l’antiseptique sur les bactéries sans affecter les cellules tout en ne présentant pas de toxicité, reste à démonter.

En outre, certains des germes les plus virulents sont capables de prospérer dans les solutions d’acide phénique (phénol) et d’autres désinfectants bien connus qui s’avèrent être toxique pour les êtres humains, de plus l’évolution des germes d’un genre vers d’autres rend presque chimérique la recherche d’un « germo-poison » générique qui est non toxique pour les êtres humains et efficace

Heureusement, la reconnaissance des bactéries et leurs produits comme étant essentiellement un caractère colloïdal a grandement facilité l’étude de la désinfection. Tout le monde sait aujourd’hui que malgré le fait que les bactéries soient vivantes et en raison de leur caractère colloïdal, elles produisent des toxines d’autres substances qui peuvent être détruites par des substances qui portent une charge électrique opposée à celle des bactéries.

L’effet d’un désinfectant ordinaire sur les bactéries est le résultat de son adsorption par cette dernière, formant ainsi un composé chimique, comme cela semble être le cas avec du formol, ou une répartition des différentes phases, conformément à la loi bien connue de l’adsorption des colloïdes.

Dans ce dernier cas, des colloïdes de charge électrique opposée vont se précipiter, jusqu’à ce qu’il y ait équilibre, si par contre, aucun des deux formes de colloïdes est en excès, aucune précipitation n’aura lieu.

Le grand avantage de traiter des germes avec des colloïdes réside dans le fait qu’ils ne soient pas nocifs en terme de toxicité lors de la destruction des bactéries dans les corps. Dans d’autres cas, lorsque l’utilisation de phénol et d’autres substances toxiques n’est pas nécessaire, leur faible coût peut être pris en considération. Certains des résultats les plus fructueux dans ce domaine de la  recherche sont ceux les découvertes de Henry Crookes en 1910 qui mettent en évidence l’efficacité germicide de certains métaux dans leur état colloïdal tout en étant tout à fait inoffensif pour l’homme.

Il a été démontré que certains métaux finement divisés ont une action toxique faible sur les formes inférieures de la vie végétale, et que le pouvoir germicide de certains sels métalliques dépend dans une très large mesure du degré d’ionisation et des propriétés spécifiques de chaque type d’ions, ceux  des métaux ayant le plus grand pouvoir germicide. En d’autres termes, plus dur est la libération d’ions du métal dans une solution, plus grand est le pouvoir germicide de la solution!

En recombinant les ions du métal pour former des colloïdes, ces derniers peuvent être appliqués à de fortes concentration pour un meilleur résultat. L’importance de cette double forme (ions ou colloïdes) a été largement occultée, en partie par les propriétés germicides de certaines substances en dehors de leur degré de dissociation ionique, en partie par la manière dont certaines substances sont adsorbés par les produits qui accompagnent les bactéries et sont ainsi rendus inertes avant que ces dernières soient détruites, et en partie à cause de l’ignorance des moyens de préparation des métaux à l’état colloïdal sous une forme suffisamment stable pour leur administration en tant que médicaments.

Tout aussi regrettable est le décès de M. Crookes, qui n’a pas été en mesure de poursuivre les résultats de sa découverte, quoique les difficultés ont maintenant été surmontées et sont d’un intérêt historique. Il est maintenant définitivement connu que les propriétés germicides de certains métaux à l’état colloïdal sont basées en partie sur l’action chimique des métaux eux-mêmes, différents métaux ayant une plus grande action spécifique sur certaines bactéries que sur d’autres, mais parce que ces métaux sont dans un état colloïdal en solution.

Parmi les métaux à l’état colloïdal dont l’or et l’argent qui sont les plus connus sont constitués de particules minuscules, tels que ces dernières aient suffisamment d’espace afin d’être en mouvement, sans pourtant se toucher. En outre, en vertu d’une propriété bien connue en physique des particules ayant une charge électrique, les particules ont tendance à repousser les unes les autres et ainsi accroître la stabilité du liquide. Lorsque ces particules métalliques sont en suspension ou dans cet état intermédiaire que l’on nomme colloïdal, sont ajoutées dans un liquide, si des particules portant la charge électrique opposée sont présentes, une précipitation se produit rapidement.


Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Un peu d’histoire autour de l’argent colloïdal

Beaucoup d’articles et de livres dans la littérature médicale parlent de l’utilisation de l’argent depuis plusieurs siècles. La Documentation sur l’usage scientifique de l’argent colloïdal a commencé à la fin du 19ème siècle et a connu un essor impressionnant pendant la période 1910/20.

Alfred B. Searle, dans un livre intitulé « L’utilisation des colloïdes dans la santé et la maladie » (déjà évoqué ici Extraits tirés de « USE OF COLLOIDS IN HEALTH & DISEASE » sur l’argent colloïdal), publié en 1920, retrace les commentaires des dizaines d’articles sur l’argent colloïdal dans des revues aussi respectées telles que, « Lancet » et le « British Medical Journal » ainsi qu’un large éventail de résultats de son propre travail. Ce livre est à lire, bien que ce vieux classique est très difficile à trouver (j’ai réussi à avoir une copie électronique sur Internet).

Ces chercheurs ont d’abord étudié une dizaine de métaux en suspension colloïdale et ont constaté que deux métaux, l’argent et le mercure, sont des tueurs de bactéries. Ces deux métaux ont été utilisés pour traiter une grande variété d’aliments pendant de nombreuses années. La suspension colloïdale du mercure, bien qu’efficace pour tuer les bactéries, a causé des dommages aux patients en sorte que son utilisation a diminué avec le temps.

Les travaux de Crookes Henry [1910] ont montré que les suspensions de mercure tuent les bacilles de « coli communis » ou Escherichia coli en deux minutes et ces derniers sont tués en six minutes à l’aide des colloïdes d’argent. Toutefois, la concentration de l’argent qui a été utilisée pendant cette époque était beaucoup plus élevée par rapport à celle acceptée de nos jours. Comme ces expériences ont été effectuées avant l’avènement du microscope électronique, on connaissait peu la vraie nature des suspensions d’argent colloïdal.

A partir des travaux de ces chercheurs vint alors la fameuse phrase souvent citée «aucun microbe connu ne peut résister à l’effet biocide des colloïdes d’argent au delà de six minutes dans des expériences menées au laboratoire».

Une autre étude intéressante du début du siècle dernier est l’œuvre de Simpson et Hewlett publiée dans le Lancet en 1914. Ils ont utilisé une suspension colloïdale d’argent pour tuer le bacille de la typhoïde en 15 minutes à 500 ppm et en deux heures à 5 ppm. C’était la première fois que de faibles concentrations d’argent colloïdal ont montré leur efficacité. Hewlett et Simpson ont démontré l’avantage des éléments colloïdaux de faible concentration, qui restent inoffensifs pour le patient.

Ces articles et livres sont quelques exemples des nombreuses études menées dans ces premiers jours. Alors que les recherches sur l’argent colloïdal diminuèrent dans les années 1940 et 1950, un article en 1966 par Brentano, et al. au « Forum Surgical » présenta leurs essais d’argent ionique et colloïdal et les mélanges des deux dans le traitement des victimes de brûlures avec des résultats très favorables. Ils ont testé de nombreux autres matériaux avant de déterminer que l’argent était plus efficace, notamment contre Pseudomonas aeruginosa, ce bacille est l’un des facteurs majeurs des aggravations des brûlures.

Dans une série d’articles dans les années 1970 et 1980, une équipe de recherche de l’hôpital vétérans de l’administration à New York, produit de l’argent colloïdal à partir d’électrodes placées à l’intérieur et sur le corps avec des résultats remarquables en tuant les bactéries et en soignant certains cas très compliqués. Dr. Becker [1985] a conclu que ce que ces personnes avaient découvert était connu depuis des siècles, c’est-à-dire que l’argent était un germicide. Malheureusement, quand les antibiotiques ont été découverts, l’utilisation clinique de l’argent comme antibiotique a été abandonnée.

Au début du siècle dernier, l’argent colloïdal était utilisé intensivement. Cependant, dans les années 40, avec l’introduction des antibiotiques, l’utilisation de l’argent colloïdal, ainsi que les recherches dans les laboratoires déclinèrent considérablement. L’enthousiasme pour les antibiotiques prit de l’essor à tel point qu’en 1969 le chirurgien en chef des États-Unis a témoigné devant le Congrès, « Le moment est venu de fermer le livre sur les maladies infectieuses ». Or, on sait aujourd’hui que les différentes bactéries deviennent réstistantes aux antibiotiques.

Traduit de l’anglais, source => Silver Colloids Do they work? Ronald J. Gibbs Newark, DE 19711


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