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Posts Tagged ‘Pseudomonas aeruginosa’

La redécouverte de l’argent

J’ai traduit un texte repris un peu partout émanant de Science Digest de mars 1978 et écrit par Jim Powell, faisant référence à une étude menée notamment par le Dr. Carl Moyer et le biochimiste Dr. Harry Margraf entre autres scientifiques.

Le Dr. Carl Moyer a été chirurgien orthopédiste entre (1951-1965) à l’Université cité ci-dessous et président du département de chirurgie vers la fin de sa vie. Je vous ai déjà rapporté les expériences de Dr. Becker sur des plaies et des os soignés avec de l’argent, mais il m’a semblé bon de rapporter cet article également afin d’étayer encore et toujours le fondamental autour de l’argent métal sur ses propriétés germicides.

Je cite :

Le retour de l’argent dans la médecine commença dans les années 1970. Lorsque le regretté Dr. Carl Moyer, président (à cette époque) du Département de l’Université de Washington de chirurgie, reçut une subvention pour développer de meilleurs traitements pour les victimes de brûlures.

Le Dr. Harry Margraf, comme biochimiste en chef, travailla avec le docteur Moyer et d’autres chirurgiens, afin de trouver un antiseptique assez puissant, mais sans danger à utiliser sur de grandes surfaces du corps. Le Dr. Margraf examina 22 composés antiseptiques et trouva des inconvénients dans chacun d’eux.

«Le mercure, par exemple, est un excellent antiseptique, mais toxique », d’après lui. « Les antiseptiques populaires tels que le Mercurochrome et le Merthiolate ou le Thimerosal peuvent être utilisés sur de petites surfaces« . « De nombreux composés de l’iode sont efficaces, mais pas mal de gens sont allergiques à l’iode. Comme le médecin sait rarement si un patient est allergique ou pas, il est prudent d’utiliser autre chose. Les solutions diluées alcoolisées, le peroxyde d’hydrogène, et d’autres antiseptiques peuvent être utilisés sur les petites coupures, mais elles sont trop douloureuses sur les grandes plaies. Les organismes pathogènes peuvent devenir résistants aux antibiotiques, ce qui déclenche une infection plus grave ».

«Ces composés sont également inefficaces contre un certain nombre de bactéries nocives, y compris la plus dangereuse en cas de brûlures, une bactérie bleue verdâtre appelée Pseudomonas aeruginosa. Elle est presque toujours présente dans les brûlures, libérant un poison. »

En revoyant la littérature médicale, le Dr. Margraf trouva des références répétées à l’argent. Il est décrit comme un catalyseur qui désactive l’apport d’oxygène aux micro-organismes. Par conséquent, ces derniers meurent. Lorsque le Dr. Margraf fit ses recherches, le composé le plus connu était le nitrate d’argent, étant le plus simple composé d’argent dissout dans l’eau (alors que l’argent pur ne se dissout pas). Mais si le nitrate d’argent tue les micro-organismes, il peut aussi être corrosif et douloureux. Le Dr. Margraf nota qu’il avait été utilisé dans des concentrations relativement élevées.

Qu’adviendra-t-il, se demanda-t-il, avec les autres solutions diluées ?

Les chercheurs commencèrent leurs essais et après plusieurs mois utilisèrent une solution à 0.5 pour cent. Cette solution tua le Pseudomonas aeruginosa et permit de guérir les plaies sans une apparition de souches résistantes. Cependant, le nitrate d’argent était loin d’être idéal, selon les rapports de M. Margraf : « Il perturbe gravement l’équilibre des sels du corps, et son utilisation doit être interrompue de temps à autre. il doit être appliqué en profondeur, et tache tout ce qu’il touche ».

Alors, il fit des tests avec 53 autres composés d’argent, dont certains nouvellement synthétisés. Le plus prometteur  étant un complexe, d’argent-zinc-allantoinate. Il s’avérait être aussi efficace contre des ulcères chroniques de la peau comme des brûlures. Dans les archives de chirurgie, publiées par l’AMA, le Dr. Margraf rapporte maintenant ses derniers résultats : l’argent-zinc-allantoinate permit de guérir entre 339 à 400 ulcères chroniques de la peau. En moyenne, le nombre de bactéries chuta de 99 pour cent en une semaine. De nombreux diabétiques furent sauvés de l’amputation inutile. Le composé est actuellement en cours d’essais par les laboratoires Miles.

Pendant ce temps, à Columbia, le Dr. Fox, qui avait étudié pendant neuf ans la propriété germicide de l’argent, testa près d’une centaine de composés différents d’argent, avant de s’intéresser à la sulfadiazine d’argent. « Bien qu’il contient des sulfamides, rapporta-t-il», l’argent empêche ce composé d’agir comme un sulfamide. La résistance n’a jamais posé de problèmes. »

Richard L. Davies, directeur exécutif de Silver Institute, qui surveille la technologie d’argent dans 37 pays, rapporte : « En quatre ans, nous avons décrit 87 nouveaux usages médicaux importants de l’argent. Nous commençons tout juste à voir dans quelle mesure l’argent peut soulager les souffrances et sauver des vies. »

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Les vues présentées sont les miennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour dans l’article même. Il se pourrait que j’apporte des rectifications ou évolutions dans l’avenir dans un autre article, si de nouveaux éléments viennent contredire mes propos. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à suivre aveuglement.

Un peu d’histoire autour de l’argent colloïdal

Beaucoup d’articles et de livres dans la littérature médicale parlent de l’utilisation de l’argent depuis plusieurs siècles. La Documentation sur l’usage scientifique de l’argent colloïdal a commencé à la fin du 19ème siècle et a connu un essor impressionnant pendant la période 1910/20.

Alfred B. Searle, dans un livre intitulé « L’utilisation des colloïdes dans la santé et la maladie » (déjà évoqué ici Extraits tirés de « USE OF COLLOIDS IN HEALTH & DISEASE » sur l’argent colloïdal), publié en 1920, retrace les commentaires des dizaines d’articles sur l’argent colloïdal dans des revues aussi respectées telles que, « Lancet » et le « British Medical Journal » ainsi qu’un large éventail de résultats de son propre travail. Ce livre est à lire, bien que ce vieux classique est très difficile à trouver (j’ai réussi à avoir une copie électronique sur Internet).

Ces chercheurs ont d’abord étudié une dizaine de métaux en suspension colloïdale et ont constaté que deux métaux, l’argent et le mercure, sont des tueurs de bactéries. Ces deux métaux ont été utilisés pour traiter une grande variété d’aliments pendant de nombreuses années. La suspension colloïdale du mercure, bien qu’efficace pour tuer les bactéries, a causé des dommages aux patients en sorte que son utilisation a diminué avec le temps.

Les travaux de Crookes Henry [1910] ont montré que les suspensions de mercure tuent les bacilles de « coli communis » ou Escherichia coli en deux minutes et ces derniers sont tués en six minutes à l’aide des colloïdes d’argent. Toutefois, la concentration de l’argent qui a été utilisée pendant cette époque était beaucoup plus élevée par rapport à celle acceptée de nos jours. Comme ces expériences ont été effectuées avant l’avènement du microscope électronique, on connaissait peu la vraie nature des suspensions d’argent colloïdal.

A partir des travaux de ces chercheurs vint alors la fameuse phrase souvent citée «aucun microbe connu ne peut résister à l’effet biocide des colloïdes d’argent au delà de six minutes dans des expériences menées au laboratoire».

Une autre étude intéressante du début du siècle dernier est l’œuvre de Simpson et Hewlett publiée dans le Lancet en 1914. Ils ont utilisé une suspension colloïdale d’argent pour tuer le bacille de la typhoïde en 15 minutes à 500 ppm et en deux heures à 5 ppm. C’était la première fois que de faibles concentrations d’argent colloïdal ont montré leur efficacité. Hewlett et Simpson ont démontré l’avantage des éléments colloïdaux de faible concentration, qui restent inoffensifs pour le patient.

Ces articles et livres sont quelques exemples des nombreuses études menées dans ces premiers jours. Alors que les recherches sur l’argent colloïdal diminuèrent dans les années 1940 et 1950, un article en 1966 par Brentano, et al. au « Forum Surgical » présenta leurs essais d’argent ionique et colloïdal et les mélanges des deux dans le traitement des victimes de brûlures avec des résultats très favorables. Ils ont testé de nombreux autres matériaux avant de déterminer que l’argent était plus efficace, notamment contre Pseudomonas aeruginosa, ce bacille est l’un des facteurs majeurs des aggravations des brûlures.

Dans une série d’articles dans les années 1970 et 1980, une équipe de recherche de l’hôpital vétérans de l’administration à New York, produit de l’argent colloïdal à partir d’électrodes placées à l’intérieur et sur le corps avec des résultats remarquables en tuant les bactéries et en soignant certains cas très compliqués. Dr. Becker [1985] a conclu que ce que ces personnes avaient découvert était connu depuis des siècles, c’est-à-dire que l’argent était un germicide. Malheureusement, quand les antibiotiques ont été découverts, l’utilisation clinique de l’argent comme antibiotique a été abandonnée.

Au début du siècle dernier, l’argent colloïdal était utilisé intensivement. Cependant, dans les années 40, avec l’introduction des antibiotiques, l’utilisation de l’argent colloïdal, ainsi que les recherches dans les laboratoires déclinèrent considérablement. L’enthousiasme pour les antibiotiques prit de l’essor à tel point qu’en 1969 le chirurgien en chef des États-Unis a témoigné devant le Congrès, « Le moment est venu de fermer le livre sur les maladies infectieuses ». Or, on sait aujourd’hui que les différentes bactéries deviennent réstistantes aux antibiotiques.

Traduit de l’anglais, source => Silver Colloids Do they work? Ronald J. Gibbs Newark, DE 19711


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